Envie d’apporter un rythme spécifique à ce paragraphe ? D’utiliser le point de vue interne ? Plusieurs techniques d’écriture passées au crible.
Il y a deux types d’auteurs. Ceux qui aiment les descriptions et ceux qui les détestent. Je croyais faire partie du second groupe jusqu’à ce que mon travail de réécriture sur Entre chiens et loups ne me poussent à aller plus loin et à comprendre leur utilité… et leur côté fun. Oui, elles ont en un. Et je vais même vous dire comment le faire ressortir 😉
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Jusqu’à il y a peu, j’avais tendance à envisager la description comme un passage obligatoire à la rédaction d’une scène. Juste parce que. Je faisais des descriptions car la plupart des auteurs en font et que cela semblait. Je n’y prenais aucun plaisir. Jusqu’à réaliser, en relisant le premier jet de mon projet de Entre chiens et loups, que :
- Mes descriptions étaient plates et banales
- L’atmosphère du roman en était altéré… Les descriptions fixent l’action dans l’espace. Les dialogues et les actions ne se suffisent pas. Du moins, pas dans mon roman.
Faible de cette constatation, j’ai donc décidé de réviser l’ensemble en m’amusant un peu plus. J’ai cherché des exemples de descriptions qui me parlaient et j’ai réalisé que je détestais les descriptions qui tiraient en longueur sans autre but que la précision. Celles de Balzac par exemple, auteur payé à la ligne, qui écrit des descriptions si détaillées que l’imagination n’a plus sa place. Ou celles de JRR Tolkien si nombreuses et si longues que l’on en perd le fil de l’action.
>> Assez logiquement, je n’aime ni la high fantasy ni les romans rattachés au mouvement du réalisme français (Maupassant, Flaubert, Zola, Balzac)… Je les trouve assez proches (les adorateurs de ces deux genres risquent de m’en vouloir mais tant pis) du fait qu’ils sont basés sur le foisonnement des détails. Le premier dans un monde fantastique, le second dans le monde réel.
A contrario, j’aime les descriptions qui n’en sont pas vraiment. J’aime les descriptions qui respirent, qui vivent, qui évoluent avec les personnages.
Quelques conseils pour des descriptions efficaces
A partir de ces constatations, je vais essayer de dresser une liste des éléments indispensables pour réussir ses descriptions. C’est plus ou moins la liste que j’ai mis en oeuvre au moment de réviser mon roman. Il s’agit là d’une liste tout à fait personnelle, faite par une fille qui n’a jamais pu finir Le Seigneur des Anneaux : adaptez-là à votre style, à votre genre, ou encore à ce que vous aimez.
- On remplace Avoir et Être par d’autres verbes au sens plus fort ;
- On fait attention à garder une cohérence entre ses descriptions et son point de vue : pourquoi le personnage qui vit dans sa chambre depuis 15 ans irait-il la décrire avec précision ?
- On mise sur les 5 sens : trop souvent la vue est le seul sens qui est utilisé. Or comment décrire le métro parisien sans parler des sérénades des musiciens, de l’odeur d’urine qui flotte dans certains couloirs ou du grincement d’un métro à pleine vitesse ? L’odeur, le goût, le toucher et l’ouïe ne doivent pas être oubliés.
- On alterne sa façon de décrire. Une description peut être faite du détail au global, du global au détail. Elle peut être placée en début de scène / de chapitre. Elle peut se découvrir en mouvement. Le personnage qui glisse dans une allée de graviers, qui pose dans un tintement sa tasse de café sur une table de verre.
- On évite de multiplier ses descriptions, en longueur et en nombre, pour éviter l’overdose.
- On tente les images différentes. « Les cheveux blonds comme les blés », « les yeux bleus comme des saphirs, brillants comme des diamants »… Ça a mille fois été écrit et ça sonne comme une mauvaise phrase d’approche. On essaye autre chose 😉 On peut même tenter l’humour et les jeux de mots si l’ambiance du roman s’y prête.
- On varie le rythme de ses phrases. Courtes pour une ambiance festive. Longues pour un lieu plus solennel. Ou inversement si l’effet fonctionne.
- Comme d’habitude, on teste, on essaye, on lit, on réécrit, on relit, on gomme, on recommence.
- Et surtout, on ne les néglige pas ! Le lecteur n’est pas différent de nous. Si on s’ennuie en les lisant, il s’ennuiera aussi. On prend le temps de les travailler.
A vous
Quel est le rôle des descriptions pour vous ? Aimez-vous les écrire ? Les lire ? Comment les travaillez-vous ?
À lundi pour une petite surprise…
Crédit image : Sunset in Paris, par Vincent Anderlucci (CC BY, Flickr)