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Les dialogues font partie de ce que je préfère écrire. J’aime donner la parole à mes personnages et voir où cela me mène avant de tout découper et redécouper lors de la réécriture. Et pourtant, certains auteurs privilégient le discours indirect, ce que j’ai du mal à comprendre (et à lire). Je pense qu’il est intéressant d’alterner entre discours direct et indirect.
EDIT : Merci à Simone pour son intervention car j’avais mélangé discours direct / indirect et voix active / passive. Désolée pour ce mélange 🙂
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>> Vous pouvez aussi consulter l’article sur Cinq idées pour rendre ses dialogues naturels.
Discours direct et indirect
« Bonjour, dit Clémence.
– Salut, répondit Clément.
– Ça va ?
– Oui et toi ?
– Bien, merci ! »
Voilà l’exemple le plus basique d’un dialogue au discours direct. Les personnages sont cités à travers une ponctuation particulière (je ferai un article sur la ponctuation des dialogues car c’est vraiment un article à part entière tant c’est compliqué…).
Clémence salua Clément et il lui répondit avec la même vigueur. Elle lui demanda s’il allait bien, il lui répondit que oui et lui retourna la question. Elle allait bien aussi, elle le remercia d’avoir demandé.
Voici plus ou moins le même dialogue, rédigé au discours indirect. Les paroles des personnages sont interprétés par l’auteur qui les inclut dans l’action.
À quoi ça sert ?
L’impression qui se dégage des deux dialogues précédents (en dehors du fait qu’ils soient ridicules…) est qu’ils ont un rythme très différent : le premier est plus rapide que le second. Le premier est un peu plus vivant aussi, bien que le second s’intéresse plus aux réactions physiques que le premier. Enfin, le second interprète les phrases et ne permet pas au lecteur de connaître la nature des paroles échangées. Il ne peut que les deviner.
À travers ces ressentis, on remarque l’étendue des caractéristiques de ces deux types de dialogue.
Le dialogue qui utilise le discours direct :
- avance en toute transparence : le personnage peut parler avec un accent, multiplier les gros mots, ressentir des émotions… Il est qui il est. En cela, le dialogue à la voix active est plus vivant.
- permet au lecteur de se reposer. C’est bête mais j’aime lire des dialogues…
Le dialogue qui utilise le discours indirect :
- permet à l’auteur d’avancer cacher par rapport au lecteur : « Il lui expliqua son plan rapidement et les deux hommes se serrèrent la main en guise d’accord. » Le lecteur reste dans l’inconnu face au plan en question.
- permet de ne pas se répéter. « Il lui raconta ce qu’il avait vu en haletant, encore essouflé de sa course folle. » Le lecteur suivant ce personnage : il a tout vu. Pas la peine de tout luir raconter à nouveau. La voix passive a valeur d’ellypse, ici.
- permet de traduire un propos. « Léon lui raconta en russe son histoire. Il avait fuit Moscou pour Saint-Petersbourg avant de rejoindre Le Havre en bateau. » Le lecteur ne parle pas russe alors que le personnages, si. De même si le personnage a un accent à couper au couteau.
- permet à l’écrivain de donner son avis et son interprétation. Il applique un filtre sur ce qui est dit.
- Donne plus de liberté à l’imagination du lecteur quand les personnages sont bien en place : si vous côtoyez les mêmes personnages pendant plus de 100 pages, vous commencez à connaître et à anticiper les réactions et les expressions des personnages. L’auteur peut laisser un peu plus de place à son lecteur.
Attention, le dialogue au discours indirect ne devrait pas être utilisé par fainéantise (du genre « j’ai la flemme d’imaginer ce que mon personnage dit, je dis juste comment il réagit »). Il doit être utilisé pour une bonne raison. Forcez-vous !
De même, n’utilisez pas le discours indirect car vous ne parvenez pas à trouver la voix de votre personnage. Commencez par utiliser des expressions classiques et faîtes le parler encore et encore : le déclic se produira ! (Et vous n’aurez plus qu’à reprendre tout votre texte… Mais c’est une autre histoire…)
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Au final, c’est parce qu’ils ont des utilités différenres pour votre histoire que je vous conseille de mélanger les deux types de dialogues. Ne serait-ce que pour alterner et ne pas lasser le lecteur. Pour vous entraîner, vous pouvez vous amuser à passer de l’un à l’autre et voir ce qui marche le mieux dans votre passage.
J’espère que cet article vous a intéressé 🙂
Bon weekend,
Marièke
Crédit image : Des oiseaux discutent migration sur leur fil… Voilà un exemple de dialogue au discours indirect 🙂 (Pixabay, CC0)